Mercredi, Jour J
Rendez-vous 8h15 devant le bureau de Mme Mathy, au Stimont. J'arrive en même temps qu'un ami, qui est lui préposé aux décorations de Noël (oui oui, y a une bande de truffions sans retraite qui se sont proposés pour aider à la déco... Je pense qu'ils ont passé plus de temps au kicker qu'à la construction de la crèche). Bref, on est devant le Stimont, y a plein de "petits" de 1ère/2e/3e/4e qui descendent vers le Collège, mais problème : le Stimont est fermé. On essaie toutes les portes, mais rien à faire. Etant donné qu'à lui on avait pas parlé de lieu précis pour le rdv, l'ami propose qu'on descende voir si Mathy n'est pas dans le bâtiment principal.
Là-bas, pas de Mme Mathy. "Elle est pas en retraite avec les 5e/6e ?", nous ressort-on régulièrement alors qu'on fouille le Collège de fond en comble. -____- Finalement, une éducatrice passe un coup de fil au Stimont, elle est bel et bien là-bas. Et c'est reparti pour la remontée !
Essoufflés, nous arrivons enfin à bon port, en bons derniers. Ca vaut bien la peine d'arriver en avance. Elle donne d'abord ses instructions à la Guilde des Braves Décorateurs, tandis que je fais la connaissance avec mon collaborateur : Eliott, 17 ans, 5e, accordéoniste, veut devenir journaliste. Mais trop timide pour parler au téléphone, mais pas trop grave d'après Mathy : "Sophie fait ça très bien, je l'ai eue au téléphone hier".
Finalement, Mathy revient et nous explique ce que l'on va faire : notre mission, si nous l'acceptons (et y a intérêt, même si c'est pas dans la chanson), est d'appeler diverses personnes qui s'occupent des jeunes en difficulté à Ottignies-Louvain-La-Neuve et de leur fixer rendez-vous. Elle nous imprime donc les documents avec les numéros nécessaires.
Première personne à contacter : M. l'Echevin de la Jeunesse. C'est là que quelque chose de très drôle se produit : ne trouvant pas le numéro en question, elle appelle son mari (qui est aussi l'Echevin) pour demander le numéro de sa secrétaire. En effet, aussi pistonnés que nous soyons, nous nous devons tout de même de passer par la filière normale. Il n'empêche, c'est assez spécial comme situation.
Mais Mme Mathy, avant d'être prof, est d'abord mère, aussi s'en alla-t-elle conduire son Mathieu à la gare pour sa propre retraite. Elle nous propose de fixer déjà nos premiers rendez-vous pendant ce temps. Aussi, prenant une grande bouffée d'air, je compose le numéro de la secrétaire de l'échevin en marmonant mentalement ce que je pourrais bien lui dire. "Tin tin tin, le numéro que vous avez composé est non attribué". Bon, tant pis je recommence : "Tin tin tin" (et l'Orange bleue ou le Lotus bleu ?)
Au bout de la troisième fois, je commence à m'inquiéter : ai-je le bon numéro ? J'en essaie un autre en attendant, chou vert et vert chou. Bon. Je m'en vais à la recherche d'un des "hommes à tout faire" du Stimont, et je demande s'il y a un code à faire pour sortir du réseau local. Et en effet : faut faire un double zéro (donc 0010 au lieu de 010 pour le préfixe).
J'appelle donc. D'abord c'est occupé, je réessaie :
"Bureau des échevins Truc, Bidule et Jacobs, bonjour.
- Heu, bonjour madame (blabla d'explication)
- Oui, il m'en a parlé, je vous mets en contact avec M. Scorier.
- Ah, heu oui, merci madame" (c'est qui Scorier ?)
Bon, j'apprends finalement que c'est la Cellule de développement communautaire, qui s'occupe des éducateurs de rue et cie. Après de laborieuses explications (que voulez-vous, c'est la première fois que je fais ça !) il me propose un rendez-vous pour 13h30 aujourd'hui. Impossible, pour Eliott du moins. Plus tôt ? Impossible pour Scorier. Demain ? Ca marche, demain 13h30 à la Cellule de développement communautaire, en face de l'hôtel de ville.
Mais, on a toujours pas de rendez-vous avec l'échevin. Comme on a pas encore les autres numéros à contacter, je rappelle la secrétaire pour lui demander un rendez-vous : demain à 11h45 à l'hôtel de ville. Parfait, en plus c'est juste en face du rendez-vous suivant.
Pendant ce temps, Eliott s'exerce à l'accordéon. C'est ça qui l'occupe à 13h30 aujourd'hui...
Mathy arrive, avec d'autres personnes à contacter. Je tombe sur des messageries. Soit. En attendant, on rejoint les autres et j'aide deux élèves à faire le ménage dans le salon pendant que les autres sont au kicker. Un seul mot à dire : c'est dégueux. Au programme : des papiers (le coup classique), quelques vieux journaux, des trognons de pomme vieux de deux mois, pelures de mandarines et enfin, clou du spectacle, des... clous. Non, en fait des vices : certains élèves s'amuseraient apparemment à démonter les chaises. Faut savoir que je viens pas souvent dans cette pièce, et j'en suis bien contente : les salles d'études sont plus propres...
Après cet intermède, je réessaie et arrive à contacter la Chaloupe, une association caricative qui vient en aide aux jeunes des quartiers sociaux. Malheureusement tous les membres sont occupés à préparer la soirée de vendredi, à Céroux-Mousty, soirée à laquelle aucun de nous deux ne pourra participer (lui c'est les scouts, moi le théâtre). Le plus drôle finalement, c'est que mon frère y était, lui... La mère de sa petite copine est bénévole.
Je passe alors le reste de la matinée à jongler entre Le Maître et Marguerite de Boulgarov (très chouette livre, soit dit en passant) et les différents coups de fil tandis qu'Eliott glandait au kicker. En dernière minute, j'ai encore réussi à avoir un rendez-vous à Terrain d'aventure (espace de détente ouvert à tous les jeunes de LLN) jeudi 15h et le Centre nerveux (Maison des Jeunes d'Ottignies) le vendredi vers 15-16h.
Et voilà, notre première journée était clôturée. Quand Mme Mathy m'a félicitée pour mon sens de l'organisation, j'ai été forcée de la dédire : non, dans ma chambre je suis pas du tout organisée et ma mère n'est pas spécialement "contente d'avoir une fille comme moi" (enfin si, peut-être, mais pas pour ce critère-là ;) ).
La suite ? Quand j'aurai le temps de la raconter =)
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